« Tanger et autres Marocs » de Daniel Rondeau
L’auteur nous promène à travers Tanger et le Sud du Maroc à la recherche des souvenirs et traces laissés par ses illustres prédécesseurs, Delacroix, Matisse, Morand, Truman Capote ou Tennessee Williams…
« Capitale de la Maurétanie, terminus des caravanes, antichambre de l’hégire, porte de l’Afrique et de la Méditerranée, puis partie de plaisir un peu mélancolique pour les demi-solde du monde moderne, Tanger avec ses mystères, ses fumeurs de kif, sa médina, ses guirlandes d’arômes, ses étrangetés, ses ombres et ses façades blanches, exerça de tout temps sa puissante fascination sur les aventuriers, les voyageurs et les artistes. Paul Morand, Beckett, Delacroix, Matisse, Truman Capote, Tennessee Williams, les Rolling Stones, Jane et Paul Bowles ont tous été citoyens de ses collines insouciantes.
En 1987, Daniel Rondeau publiait un portrait de Tanger où il venait d’effectuer plusieurs séjours... Dix ans après ce premier livre, Daniel Rondeau nous en livre une version augmentée d’impressions sur différentes villes marocaines (Marrakech, Fez, Essaouira, Taroudant), et de notes de voyage. Son récit s’achève par un retour à Tanger, cette ville où le climat est mauvais pour le coeur mais bon pour les passions ». (Extrait de présentation de l’Éditeur).
« Pendant des années, il y avait toujours eu un paquebot qui chauffait à New-York en partance pour Tanger. Ils l’avaient tous pris : Paul et Jane Bowles, Truman Capote, Gore Vidal, Jack Kerouac, Bill Burroughs, Brion Gysin, Tennessee Williams. Le premier à faire la ligne New-York-Tanger fut Paul Bowles. Venu pour un été, il est resté toute une vie »; c’est avec une évidente nostalgie que Rondeau évoque cette période de l’immédiat après-guerre à Tanger, quand « les marchands, les mangeurs de feu, les trafiquants de pierres précieuses et les banquiers sont indiens ou pakistanais, les antiquaires et les maçons sont espagnols, les viveurs et les pâtissiers viennent de France, les aristocrates, les espions et les gangsters du Royaume Uni, les écrivains pour la plupart des Etats Unis ».
« Ces exilés fuient un monde miné par l’argent ou la pauvreté, les habitudes, les convenances ou les erreurs passées. Ils trouvent à Tanger, et principalement les Américains – ceux qu’on ne nomme pas encore les héros de la beat génération – une douceur de vivre qui les étonne, un special blend d’Europe et d’Orient, avec un zeste d’Ancien régime et tous les accessoires de l’extase ou de la tragédie » (Daniel Rondeau, extrait du livre).