"Tan querida Tánger" le Blog de Brahim MARRAKCHI

Bienvenue!! Ce Blog est dédié à tous les tangérois et à tous les amis de « nuestra querida Tánger » quelques soient leurs nationalités et leurs religions.

29 septembre 2009

La deuxième édition MEDays à Tanger

La 2e édition des MEDays, initiée par l'Institut Amadeus, se tiendra du 19 au 21 novembre à Tanger, sous le signe de l'Afrique.

La rencontre ambitionne de placer le concept de co-développement responsable et les modalités concrètes d'améliorationMEDays_2___dition des relations entre les pays du sud au centre du débat pour en tirer des recommandations opérationnelles, indique un communiqué de l'Institut Amadeus. Des centaines de participants, dont une dizaine de chefs de gouvernement, des ministres, conseillers politiques ainsi que des experts de stature internationale et de grands capitaines de l'industrie prendront part à cet événement.

Les MEDays 2009 s'articuleront autour de quatre thèmes majeurs, en l'occurrence, «La résolution des crises, prévention des conflits et promotion du développement humain : Les priorités d'un continent ?», «Sécurité globale en Méditerranée occidentale : De la confrontation à la coopération ?», «Relance économique : quels engagements des marchés émergents dans la nouvelle architecture financière internationale ?», «Efficacités énergétiques, révolution verte et gouvernances hydrauliques : les nouveaux enjeux du Sud ?».

Un site Internet dédié à l'événement a été créé pour présenter l'ensemble des thématiques abordées et les intervenants et enregistrer les inscriptions des participants : www.medays.org. En marge des MEDays, une opportunité unique de rencontres au plus haut niveau a été conçue entre professionnels et hommes d'affaires de la région dans le cadre des Business MEDays.

Consacrés à l'analyse de l'économie et à la création d'opportunités d'affaires dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), les MEDays permettront aux entreprises présentes de créer et de consolider des partenariats d'affaires, mais également d'influer sur les politiques publiques en proposant des recommandations sectorielles précises. Les MEDays seront sanctionnés par la 2e Déclaration de Tanger, qui permettra de suivre et d'évaluer l'impact des recommandations issues de ce forum et de contribuer activement à l'émergence des réalisations concrètes et des projets viables à géométrie variable.

Plate-forme de réflexion ouverte, l'Institut Amadeus est orienté vers la recherche de solutions concrètes aux problèmes des mondes euro-méditerranéen et euro-africain actuels

Source : MAP

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08 septembre 2009

3ème édition du FESTIVAL NATIONAL DU THEATRE UNIVERSITAIRE

Dans le cadre du développement de l’univers culturel à Tanger, de la promotion des échanges interculturels entre  les pays méditerranéens et suite au grand succès des éditions précédentes du FESTIVAL NATIONAL DU THEATRE UNIVERSITAIRE DE TANGER, le comité d’organisation invite l’ensemble des étudiants membres de club ou d’ateliers de théâtre universitaire à participer à la 3 ème édition du festival qui aura lieu du 13 au 17 novembre 2009 à Tanger.

DOSSIER DE CANDIDATURE :

  1. Appel à Participation (Version Arabe & Version Française)
  2. Formulaire de participation (Version Arabe & Version Française)
  3. L'Affiche 

Pour participer, retirer le formulaire de participation auprès du comité d’organisation ou le télécharger du site : www.asau.orgwww.asau.net

Les dossiers doivent être déposés auprès dudit comité avant le 15 septembre 2009

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09 juillet 2009

Entretien avec Brahim Marrakchi, l’auteur de « Comment fabrique-t-on un kamikaze ? »

Politique, partis politiques, culture politique… au Maroc
Entretien avec Brahim Marrakchi, l’auteur de
« Comment fabrique-t-on un kamikaze ? »

Le Marocain vit-il un quotidien politique. Suit-il de près ce qui se passe au sein des partis et, bien avant, se sent-il intéressé et concerné par ce que font ces formations politiques ? Connaît-il l’histoire politique de son pays ? Y’a t-il un parti qui s’est proposé de la lui expliquer, de la lui enseigner ? Incite-t-on le citoyen à penser politique, à réagir, à participer ou pense-t-on pour lui et lui demande-t-on  d’hiberner politiquement jusqu’aux prochaines élections ?
Par ailleurs, comment réagissent les exclus, les oubliés, les marginalisés ? Ne les envoie-t-on pas, sciemment ou inconsciemment, vers les extrêmes et le radicalisme ?
Dans l’entretien qu’a bien voulu nous accorder notre concitoyen Brahim Marrakchi, l’auteur de « Comment fabrique-t-on un kamikaze ? », le lecteur trouvera des réponses à plusieurs de ces questions et, par ailleurs, pourra se faire une idée de ce jeune auteur qui, à vrai dire, a eu l’ambition de  traiter un sujet, à double tranchant certes, mais qui reste un sujet actuel et pertinent.
Né à Tanger en 1978, Brahim Marrakchi est doctorant de la FSJEST-Université Abdelmalek Essaâdi et expert en gestion des projets de développement urbain, durable et local. Il est également membre de l’équipe de recherche sur la Gouvernance Territoriale et le Développement Durable (GT2D), et de la Cellule de Veille Stratégique et d’Intelligence Territoriale de l’Agence pour la Promotion et le développement des Provinces et Préfectures du Nord - Maroc. Ses centres d’intérêt en matière de recherche et d'enseignement englobent plus largement tout ce qui concerne « Environnement, villes et dynamique des territoires ».

Entretien

-         Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur un sujet aussi délicat que vaste ?

 

Couverture_KamikazesL’idée d’écrire le livre « comment fabrique-t-on un kamikaze ? » a surgi le lendemain des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. A cette époque-là, j’étais en train de préparer le diplôme du D.E.S.A « Administration et Développement » à la FSJES de Tanger. Au terme de la deuxième année, j’ai décidé de faire ma spécialité en économie spatiale sous la direction du professeur Abderrahman SADDIKI. Alors j’ai choisi comme sujet de recherche les kamikazes ayant relation avec les attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca. La recherche compte trois chapitres : le premier aborde les liens entre le centre et la périphérie ; le deuxième définit la pauvreté urbaine et l’exclusion ; et le troisième chapitre de 23 pages est accordé au sujet des attentats. La conclusion est à la foi frappante et alarmante : les attentats du 16 mai représentent un exemple du rapport conflictuel entre le centre-ville et la périphérie délaissée, et que si, rien n’est fait pour réduire les disparités spatiales et les inégalités socio-économiques entre clases sociales et quartiers résidentiels, le Maroc restera menacé par d’autres attentats. J’ai soutenu le travail en juillet 2005. Deux ans après, Casablanca a vécu malheureusement la mort aveugle en mars et avril 2007. Cet événement tragique m’a poussé à revoir le sujet et de me pencher davantage sur la question. D’autres questions me hantaient. Donc, de 23 pages qui concernent les kamikazes, elles sont devenues 171 pages publiées récemment dans un ouvrage à Paris.

   

-         Analphabétisme, pauvreté, taux de natalité élevé, marginalisation et exclusion… ont de tout temps existé dans l’histoire récente du Maroc, sans pour autant causer ce phénomène de ruée vers l’endoctrinement et le militantisme, islamiques. Pourquoi aujourd’hui ?

 

Par cette question vous me ramenez à l’idiologie, sachant que mon ouvrage aborde principalement les dimensions spatiales du terrorisme. Oui, effectivement, l’analphabétisme, la pauvreté, l’exclusion, etc. ont toujours persisté au Maroc. Parfois, ils ont été sources de violence urbaine et de tensions entre clases sociales. Nous rappelons par exemple les émeutes sanglantes de juin 1981 à Casablanca. C’est un soulèvement spontané de populations qui sont sortis dans les rues pour protester contre la pauvreté, puis endoctriné par la gauche qui était à l’époque au centre de l’opposition. On peut citer également les émeutes de décembre 1990 à Fès, Tanger, Tétouan et Al Hoceima. Non seulement le Maroc a vécu ces circonstances, mais plusieurs pays similaires comme l’Egypte et la Jordanie ont connu à maintes reprises des émeutes dues à l’exclusion et la marginalisation d’une partie croissante de la population urbaine. Même en France, les banlieusards protestent d’une façon récurrente et toujours en violence contre la marginalisation de leurs cités. Mais, pourquoi aujourd’hui au Maroc ?  C’est parce que l’idiologie a changé. Dans les années soixante et soixante-dix, il y’avait des barbus gauchistes qui accaparaient la scène ; depuis la fin des années 1980 ils commencèrent à perdre du terrain face aux islamistes qui demeurèrent un bloc non homogène où le plus dangereux est le courant de la Salafiya Jihadia. Bien entendu, le Salafisme et le Wahabisme c’est la même chose. Pour comprendre l’identité de ce courant, on doit remonter un peu dans l’histoire. Cela date du 18ième siècle lorsque Mohamed Ibn Abdel Wahab s’est allié avec Mohamed Ibn Séoud, fondateur de la dynastie des Saoudiens qui règnent aujourd’hui sur l’Arabie Saoudite. Ibn Abdel Wahab a trouvé dans le désert des pratiques populaires, selon lui, contraires à la foi islamique. Il a fait démolir tous les lieux cultes des Shiites. Il condamna le relâchement des Sunnites et des Shiites qui avaient interprété le Coran d’une façon laxiste.  Donc dès le début le Wahhabisme n’accepte pas que l’autre soit différent, je ne parle pas de l’autre le plus éloigné, mais du plus proche qui partage la même histoire, le même territoire. Il rejette non seulement l’excès dans l’interprétation des textes, mais aussi le sufisme, les arts, les sports, …

 

On a donc un courant intégriste et aberrant, développé dans un contexte déterminé à la Périphérie (le désert). Mais, dans les années 1960, ce courant a tenté de s’imposer progressivement comme la voie juste de l’Islam du Centre, là où il y’a au Moyen Orient Al Azhar Cherif et au Maghreb Kairouan et Karawiyine. Ce passage vers l’international à pour but de freiner la montée en puissance des idées nasséristes dans les pays du Golf Arabe. Cela coïncide également avec la répression excessive et injuste du régime totalitaire de Nasser contre les frères musulmans. Le sentiment d’être exclu du pouvoir, bafoués, torturés… a poussé certains jeunes islamistes à se refugier dans le Wahhabisme et alors à bénéficier de leurs pétrodollars, d’où sont sortis les groupes les plus extrémistes de l’Egypte comme Al Jihad, Al Hijra wa Takfir, etc. En fait, tous les groupes intégristes adoptant la violence trouvent leurs origines dans l’idiologie Wahhabisme. Al Caïda n’est qu’un dernier exemple. Les salafistes marocains vivent, le corps au Maroc, mais le cœur et l’esprit ailleurs. Ils ne partagent que peu de valeurs avec les marocains. Ils jeunent le ramadan avec les Saoudiens ; ils ne fêtent pas les festivités religieuses de la même façon que les marocains ; ils ne célèbrent pas le Mouloud, etc. Même au niveau de l’habillement, ils se diffèrent. Je me rappelle qu’à l’époque des Talibans, les salafistes marocains dans les prières, prient avec le Moula Omar comme "commandeur de croyant" ! La Salafiya Jihadia est très fortement implantée dans les bidonvilles et dans les quartiers marginaux où il existe un taux d’analphabétisme et d’abandon scolaire très élevé. Ces idées d’un extrémisme inhérent, représentent une menace réelle pour toute la société.

-         Pouvez-vous nous expliquer ce passage de la contestation de la gauche vers la droite, si on peut classer l’islamisme dans cette catégorie ?

 

On ne peut pas classer l’islamisme de cette manière. Son contexte est tout à fait différent. Nous sommes tous convaincu que l’islamisme n’est ni la droite ni bien évidemment la gauche. On ne peut pas qualifier tous les islamistes de la même façon ni de les classer dans la même catégorie. C’est un mouvement particulier, mais non homogène. Au Maroc par exemple, il existe plus de quatre-vingt-dix groupes (Jamaâ) islamiques dont chacun désapprouve la pensée de l’autre. Si par exemple on leur demande la signification de « l’Etat islamique », on aura 90 réponses différentes ! Le plus important de ces mouvements par ses effectifs est le groupe Al’Adl wa al Ihssan (Equité et don de soi). Non reconnu par le pouvoir, il demeure une expérience particulière dans tous les mouvements islamiques du monde arabe grâce à sa figure emblématique, le berbère Abdessalam Yassine. Ce mouvement est 100% marocain ; son projet à long terme est essentiellement éducatif à des fins politiques. C’est le soft power des islamistes au Maroc, mais ses vrais grands ennemis au niveau idéologique se sont les salafistes wahabistes. Deuxième force majeure, c’est le groupe Al Islah wa Attawhid (Réforme et unicité) et son bras politique Parti de la Justice et du Développement (PJD). Contrairement au groupe de Yassine, ce mouvement accepte la démocratie dans ses conditions actuelles et participe aux élections. Cette expérience montre d’une part que l’islamisme modéré à une place dans la société et il doit jouer un rôle dans le développement du pays. D’autre part, si on intègre les islamistes dans le système politique, ils perdent leur charme face aux citoyens ; ils deviennent une simple option parmi d’autres. Par exemple, les islamistes du PDJ ont montré qu’eux mêmes peuvent faire des gaffes au niveau de la gestion municipale, qu’ils ne sont pas fortement implantés dans tous le pays car ils n’arrivent pas à couvrir toutes les circonscriptions lors des dernières élections municipales ; et au niveau des résultats, ils n’ont occupé que la 6ème position.

 

Le courant de Salafiya Jihadia est la 4ème ou 5ème force parmi les islamistes ; mais c’est le plus dangereux ; car il compte plusieurs groupes intégristes ayant des relations étroites avec d’autres groupes armés à l’extérieur, et qui n’hésitent pas à se servir de la violence.

-         Cette ruée vers l’islamisme est constatée un peu partout dans les pays arabo Musulmans. D’après vous, est-ce dû à une réaction, quelque peu fougueuse, de récupération d’une identité en voie d’évaporation, ou s’agit-il tout simplement de faire appel à autre chose, de différent, de nouveau, pour combler un vide politique flagrant ?

 

A ces niveaux il faut mettre le point sur les i. Si l’islamisme politique radical a surgi, c’est parce qu’il a trouvé desCouverture conditions socio-économiques et politiques qui le favorisent. Si Nasser avait accompli son accord avec les frères musulmans on aurait pu éviter énormément de problèmes, non seulement pour l’Egypte mais pour tout le monde arabe. Certes, l’idiologie qui le nourrit existe ; mais l’Etat national dans le monde arabe a bloqué la liberté des citoyens de choisir ou de créer des alternatives. L’Etat "arabe" a bloqué toutes les possibilités de changement politique pacifique. On y trouve tous les maux politiques et sociaux : l’école qui exclue, la famille déséquilibrée, le taux élevé de chômage, les inégalités socio-économiques, l’hypocrisie sociale et politique, le manque de transparence, la corruption, la violence pour accéder aux droits humains, des élections corrompues, des "républiques" converties en monarchies, etc. Dans de telles conditions, est-ce qu’un simple citoyen peut choisir librement ?

 

Je suis très impressionné par l’expérience de la Turquie et du Koweït. La Turquie est une puissance économique régionale, socialement stable, ses citoyens disposent d’un niveau d’éducation élevé qui permet une ascension sociale. C’est un pays laïc, bien que dirigé par les islamistes du Parti Justice et Développement (PDJ). Alors a-t-on voté pour lui ? C’est en raison de son discours modéré, de son programme national qui vise l’ouverture et non l’isolement de la Turquie dans le monde. Curieusement, lorsque l’institution militaire a voulu rompre avec cette expérience inédite dans le monde musulman, ce sont les citoyens qui ont défendu le PDJ en votant pour lui, sachant que, parmi eux, il y’avait des laïcs et des chrétiens. Ils ont réélu le PDJ parce qu’il est un parti très moderne qui accepte la démocratie et la voie des élections, qui utilise les dernières technologies et qui est composé essentiellement par des hommes honnêtes ayant les mains propres. Le cas du Koweït est aussi remarquable. Le pays dispose d’un niveau de vie très élevé et assure une bonne éducation publique à tous les citoyens. Le mois de mai dernier a connu des élections législatives qui ont ramené les femmes au Parlement pour la première foi. Les résultats de ces élections sont riches d’enseignements. Pourtant Al Jazeera TV ne leur a pas accordé le même intérêt qu’aux discours de Ben Laden. Les islamistes ont vu leurs places réduites de plus de 50%. Ils ont perdu les élections parce qu’ils n’ont pas su comment suivre l’évolution de la société. D’ailleurs, lorsque les salafistes avaient émis quelques jours avant les élections une fatwa interdisant aux électeurs de voter pour une femme sous prétexte qu’il est contre les préceptes de la sharia, la riposte des citoyens était limpide. Ils n’ont pas voté seulement pour une femme, si non pour quatre !  Parmi ces quatre gagnantes, il y’en a qui ont remporté les élections faces à des islamistes très célèbres. L’exemple de la Turquie et du Koweït où une forte opinion publique existe, montre qu’un citoyen peut faire le bon choix, seulement lorsqu’il dispose de la pleine citoyenneté. Dans les pays arabes une ruée galopante vers l’islamise existe ; cela dénote à notre avis une carence au niveau des alternatives. L’islamise gagne du terrain, parce que les autres partis se sont découpés du peuple. Je parle essentiellement des partis de la gauche qui, historiquement, ont défendu la question sociale dans les années 1960/70 et qui actuellement ont perdu la boussole.

-         Le Maroc est passé, depuis son indépendance, du barbu gauchiste, athée, dérangeant et représentant, d’après les responsables, un danger pour la stabilité politique du pays au barbu islamiste, trop croyant cette fois-ci, qui dérange à son tour et qui, comme le barbu des années 60 et 70, représente, d’après les responsables et un grand nombre de citoyens, une menace pour la démocratie, le modernisme, la tolérance, etc. ? Est-ce que la contestation – disons l’opposition – n’existerait que dans ces deux pôles ?

 

Ce passage montre que notre société n’est pas stagnante ; elle a vécu de pleines mutations. Je crois que l’opposition existe à l’intérieur d’un même pôle. Je répète, l’islamise n’est pas un bloc homogène, vous ne pouvez pas par exemple rapprocher entre le soufisme et le salafisme. C’est tout à fait inconcevable. Mais, ces barbus des années 1960/70 qui croyaient à la révolution plutôt qu’à la démocratie, ont fini en grande partie par accepter les règles du jeu en faisant parti du régime. Je crois que les islamistes finiront aussi, dans leur grande partie,  par accepter notre système politique. D’ailleurs, une partie y participe déjà. Mais dans quelles conditions ? Il s’agit au Maroc d’une démocratie à part entière ; nous ne sommes pas encore une pleine démocratie, mais un pays en voie de démocratisation. Le désarroi de la société marocaine et le blocage du développement sont l’une des menaces qui guettent la démocratisation du pays. La démocratie exige une stabilité sociale, une bonne éduction et une égalité des chances. Dans les pays qui ont rempli ces conditions, les démocraties "gagnent", car elles laissent à toutes les idées la liberté de s’exprimer et de se confronter, tout en minimisant l’extrémisme, à le rendre minoritaire. Parfois, cette équation se déséquilibre, mais très vite la société trouve l’équilibre qu’il faut grâce à une forte opinion publique et à une maturité chez les citoyens ; et ce n’est pas le cas du Maroc. Dans  ce sens, on a beaucoup de travail à faire.

-         Que faire, politiquement parlant, pour mettre en place un « juste milieu » qui permettrait aux jeunes de participer à la prise de décisions et à se sentir des citoyens dont le mot et le vote ont leur pesant de démocratie ?

 

Politiquement parlant, les jeunes marocains suivent l’actualité, ils sont intéressés par la politique, mais désintéressés par les discours des partis politiques. Les Partis n’appliquent même pas la démocratie à leur sein. La classe politique qui dirige les partis date des années 1940/50 et parfois des années 30 ; elle a tué politiquement toute une génération ! Les partis, dans leur majorité, ne reflètent pas les tendances des jeunes. On constate clairement une méfiance entre les citoyens et les élites politiques, et c’est dangereux pour le Maroc s’il veut aller plus loin dans la démocratie. En compensation, SM le Roi n’a cessé d’inciter les Partis à se moderniser. La création du Parti Authenticité et Modernité (Assala wa Mouassara) vient pour pousser ces partis "classiques", balkanisés et éclatés de l’intérieur, à se mobiliser, à bouger. Dans la démocratie, il est indispensable d’assurer la liberté de la presse, et d’aller plus loin dans le respect des droits de l’homme. L’approche politique ne suffit pas, sans doute, pour créer un environnement qui favorise la participation politique des jeunes. Pour promouvoir une participation positive, il est nécessaire de protéger les citoyens contre l’extrémisme et c’est au niveau de l’école où il y’a le grand enjeu. Il faut un retour à l’école unique et sans la séparer de la famille. Il faut assurer une bonne éducation comme dans les années 1960 lorsque le contenu d’éducation était plus élevé qu’aujourd’hui malheureusement. Il faut assurer l’égalité des chances. Les ONG ont un rôle fondamental dans la sensibilisation. Je crois que si nous arriverons  à assurer au citoyen la stabilité spirituelle, sociale et économique, nous aurons alors créé ce « milieu » robuste qui permettrait aux jeunes de s’épanouir et d’exprimer leurs choix politiques sans contraintes.

 

Propos recueillis par Mohammed Mrini

Source: La Chronique, Samedi 20 juin 2009, N°390, p.5

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05 février 2009

Prix du Maroc du Livre 2008 : Ahmed Tribak lauréat dans la catégorie études littéraires et artistiques

Ahmed Tribak Ahmed a remporté le prix du Maroc du Livre, catégorie "études littéraires et artistiques" au titre de l'année 2008, pour son ouvrage "le discours soufi dans la littérature marocaine, à l'époque du Sultan Moulay Ismaïl" (éditions Slaiki frères-Tanger).

Né en 1945 à Tanger, Ahmed Tribak Ahmed s'est distingué au fil des ans par son expérience poétique riche. Outre la place qu'occupe le patrimoine poétique arabe dans la poésie d'Ahmed Tribak, le soufisme, lui, est fortement présent dans ses oeuvres qui portent les empreintes de grands maître de soufisme, dont Ibn Arabi et Jazouli.

Le soufisme a aussi marqué le cursus académique de Ahmed Tribak, qui avait choisi " l'écriture soufie dans la littérature de Tastaouti" comme thème de sa thèse universitaire. Il compte à son actif nombre de recueils poétiques, dont "La mer m'a parlé ainsi" (Hakada Kallamani Albahr" (1996), comme il a également publié en 1995 un ouvrage intitulé "Tanger : l'image poétique".

Le palmarès du Prix du Livre pour l'année 2008 a été dévoilé mercredi par le ministère de la Culture, après la présentation du rapport des jurys, mardi, à la ministre de la Culture, Mme Touria Jabrane Kryatif, par le coordonnateur du prix, l'écrivain Ahmed Yabouri. La cérémonie de remise des prix aura lieu le 12 février courant à Casablanca, à l'occasion de l'ouverture du Salon International de l'Edition et du Livre.

MAP

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25 janvier 2009

Appel à la réalisation d'une école à Tanger

Le président sortant de l'Union méditerranéenne des architectes (Umar), Patrice Genet, a appelé lundi à Fès à soutenir la réalisation du projet présenté par la délégation marocaine de création d'une Ecole méditerranéenne de l'architecture à Tanger.

UMARDans un rapport présenté lors de l'Assemblée générale de l'Umar, dont les travaux se poursuivent mardi, M. Genet a estimé que ce projet représente «une opportunité exceptionnelle qui nous permettra enfin de formaliser ce point de rassemblement et de convergence des étudiants en architecture en quête de savoir et de connaissance de la culture méditerranéenne».

Evoquant ce projet, qui avait déjà reçu l'aval de l'Umar lors de sa 14e Assemblée générale, tenue en avril 2008 à Malte, Omar Farkhani, président de l'ordre national des architectes et candidat à la présidence de l'Umar, a précisé que cette école assurera une formation post-diplôme, destinée aux jeunes architectes de la Méditerranée, qui viendront y parfaire leur formation et approfondir leurs connaissances en matière de conception et de gestion des établissements.

Cet établissement, a-t-il ajouté, sera méditerranéen par ses étudiants mais également par ses professeurs qui viendront de toutes les régions de la Méditerranée pour y enseigner. L'école sera dotée d'une centre de recherche pour l'étude des établissements humains méditerranéens, a-t-il dit, notant que le financement du projet pourrait se faire dans le cadre de la coopération transfrontalière par le biais de l'instrument européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP).

Les travaux de cette assemblée générale ont été marqués lundi par l'exclusion de quatre pays n'ayant pas payé leurs cotisations durant les trois dernières années (Albanie, Algérie, Croatie et Israël).

Douze délégations participent à cette assemblée. Il s'agit de Chypre, de l'Egypte, de la France, de la Grèce, de l'Italie, du Liban, de Malte, de la Mauritanie, du Maroc, de la Palestine, de l'Espagne et de la Turquie. Fondée en 1994 à Rabat, l'Umar dont le siège est basé à Malte, rassemble les organisations représentatives des architectes des pays riverains du bassin méditerranéen.

MAP

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06 novembre 2008

La Deuxième édition du Festival National du Théâtre Universitaire de Tanger

Du 5 au 8 Novembre 2008, l’ASsociation de l’Action Universitaire de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Tanger (ASAU-ENCGT) et l’Université Abdelmalek Essaâdi organise en partenariat avec l’Institut Français du Nord : La Deuxième édition du Festival National du Théâtre Universitaire de Tanger

Sous le thème : « Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie »

Une deuxième édition qui promet de surpasser la précédente en offrant à tous un espace de rencontre et d’échange interculturel ouvert sur les cultures des rives méditerranéennes. Un espace où plusieurs troupes théâtrales de France, d’Algérie, de Libye et du Maroc bien sûr, expriment sur la scène de la salle « Samuel Beckett » leurs talents de comédiens au travers de thématiques diverses autour de la vie. Il sera organisé aussi dans le cadre du festival au sein de l’ENCGT, des ateliers de formation et de réflexion animés par des comédiens, spécialistes du théâtre et autres acteurs du monde culturel.

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20 octobre 2008

Nouvelles filières de formation à l'ISIT

MarocDans le cadre de la réforme de l’enseignement supérieur et la formation des cadres, une nouvelle offre de formation est mise en œuvre. Il s’agit au début d’un cycle normal de trois ans pour deux filières, à savoir « Management opérationnel de l’hôtellerie et de la restauration » et « Management touristique ». C'est un système de Bac+2 et Bac+4 vers celui de Bac+3 et Bac+5 et plus tard le diplôme de doctorat bac+8. L’ISIT démarre cette nouvelle formule avec 90 étudiants au Management opérationnel de l’hôtellerie et de la restauration  et 60 autres en Management touristique.

pour apporter une offre répondant aux standards internationaux, l’ISIT a entrepris une démarche de partenariat avec l’Institut lyonnais Paul Bocuse. Il s’agit d’une convention signée le 20 juillet 2007 entre le ministère du Tourisme et l’Institut français. Ce dernier s’est engagé à apporter à l’ISIT son expertise reconnue sur le plan international.

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12 octobre 2008

Tanger accueille du 5 au 8 novembre la première édition du festival « Tanja Latina »

MusicaProgrammée du 5 au 8 novembre au Palais des institutions italiennes, la première édition du festival verra la participation de divers artistes de renom qui donneront le tempo. Parmi ceux-là, on cite la chanteuse de Salsa Yolanda Duke, qui arrivera tout spécialement de New York avec le Grand Orchestre de Tito Puente. Les rythmes brésiliens seront également de la partie avec Marcia Grandini.

« Ce festival est né de la volonté de continuer à promouvoir la ville de Tanger et de mettre en avant tout son dynamisme et sa splendeur retrouvée. Il vise également à renforcer l’animation de la ville dans une période creuse », indiquent les organisateurs. Et d’ajouter: « La destination entend bien profiter de cette nouvelle initiative pour remplir davantage ses avions et ses hôtels durant la basse saison ; les organisateurs ayant retenu le week-end de l'anniversaire de la Massira El Khadra coïncidant avec les vacances scolaires ».

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06 octobre 2008

Prix de tanger pour la Création Poétique (Délai prorogé)

L'ASSOCIATION
DES JEUNES CREATEURS

Sous le thème

Passerelles en vers

Afin de promouvoir la création artistique et de favoriser la communication culturelle, L’Association des Jeunes Créateurs, de Tanger organise le 8ème concours de poésie, baptisé pour sa 8ème édition (Avril 2008) en hommage aux grands poètes arabes, SALAH ABDELSSABOUR de l’Egypte et ABDELKARIM TABBAL du Maroc, ouvert aux jeunes créateurs de moins de 35 ans dans les langues suivantes :

Arabe
Français
Anglais
Espagnol

Le jury sera composé d’hommes de lettres et de professeurs universitaires qui veilleront sur l’évaluation et l’attribution des prix.

Prix du premier recueil : 5.000 DH
(dans chacune des langues du concours)

Prix du premier poème : 2.500 DH
(dans chacune des langues du concours)

Conditions :

Demande de participation (manuscrite) avec adresse, Tél., fax, Email, ….
Copie (légalisée) de la carte d’identité
Deux photos
Deux copies du recueil présenté, dactylographié ou imprimé et dont la date d’édition – pour les recueils diffusés – ne dépassent pas 4 ans
Trois copies des trois poèmes présentés au concours
Une déclaration sur l’honneur qu’il n’a été décerné au candidat aucun prix littéraire pour le recueil ou le poème présenté.
L’Association recevra les demandes de participation jusqu’au 30 Septombre 2008

Association Des Jeunes Créateurs
B.P. 1099
90000 TANGER
MAROC
E-mail: ajct_maroc@yahoo.fr

L’AJC se réserve le droit d’éditer les recueils et les textes sélectionnés conformément à l’article 9 du statut du Prix de Tanger pour la Création Poétique et de l’article 4 du statut de l’AJC.

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30 septembre 2008

Commémoration du centenaire du grand théologien Abdellah Guennoun

En commémoration au centenaire du grand théologien Feu Abdellah Guennoun , le forum culturel de Tanger a récemment organisé en collaboration avec la Fondation Abdellah Guennoun pour la culture et les recherches scientifiques un colloque sous le thème «diversité et ouverture» à la salle de l'hôtel Minzah en nocturnes durant deux jours.

Les organisateurs ont programmé de nombreuses activités, ainsi la première journée a été consacrée à l'exposition des livres et photos sur la personnalité du défunt Abdellah Guennoun : sa vie et ses activités suivie d'un séminaire et d'une table ronde.

La deuxième et dernière soirée a été marquée par trois thèmes intéressants qui ont donné lieu à un débat fructueux, il s'agissait de la transition politique de Tanger en 1957 et Abdellah Guennoun présentée par Abdessamad Achab, conservateur de la bibliothèque Abdellah Guennoun. Le professeur Achab a longuement parlé du rôle joué par l'éminent théologien dans la politique du Royaume, de l'avis partagé par les grands politiciens nationaux et étrangers, il a été un grand historien et poète militant nationaliste et associatif, il a été également fondateur d'écoles, d'instituts d'études et de bibliothèques, membre des plus hautes instances marocaines. Feu Abdellah Guennoun est la personnalité la plus emblématique de Tanger au XX ème siècle.

Personnalité méconnue du grand public, il a joué un rôle hors du commun dans la vie politique et intellectuelle de Tanger et du Maroc, conclut-il. Cette soirée ramadanesque a été achevée par une table ronde sur la place de Tanger. Encore une fois, les intervenants ont exprimé leur préoccupation pour la régression de la culture dans la ville, en comparaison à sa situation antérieure surtout après la fermeture de l'unique bibliothèque générale existant dans la ville, la concession de l'ancien Conservatoire de musique et son remplacement par un autre incompatible avec l'histoire et la densité de la population de la ville, la fermeture et la disparition de nombreuses salles de cinéma, l'absence totale de théâtres dans la ville et la situation déplorable du teatro Cervantès, l'inexistence de complexes culturels et de salles multimédias dans une ville de plus d'un million d'habitants dont la majorité sont des jeunes, enfin, la fermeture du Musée d'arts modernes : unique en son genre au Maroc .

En conséquence et à l'exception de certaines actions louables et sérieuses, cette situation a engendré une stagnation culturelle flagrante, une marginalisation systématique de la culture locale et des intellectuels de la ville.
En parallèle, des phénomènes d'acculturation, d'aliénation et de médiocrité ont prospéré et les intellectuels de la ville sont devenus étrangers dans leur propre environnement culturel.

Les spécificités culturelles, artistiques et urbanistiques qui ont singularisé Tanger à travers son histoire millénaire ne sont plus prises en considération. Les valeurs civilisationnelles ayant contribué à la formation de l'identité tangéroise à travers les siècles et en particulier, les valeurs de tolérance, de coexistence, de convivialité et d'ouverture sur différentes cultures, langues, traditions, nationalités, religions …. ont enregistré une certaine régression.

Tout le monde se plaint de la faiblesse du sentiment d'appartenance au pays et à la ville ainsi que de la fragilité du sens de citoyenneté, de solidarité, de participation et d'association. Des phénomènes étrangers à la société tangéroise se sont propagés tels que l'immigration clandestine, la consommation excessive et le trafic de drogues, la contrebande, les fraudes fiscales, l'habitat anarchique, la dépravation, l'intolérance, l'extrémisme et le fanatisme….

Biographie

Né en 1908 à Fès, Abdellah Guennoun a appris à lire et à écrire à l'âge de six ans. Il a reçu les principes de base des sciences auprès de son père, son oncle et certains érudits de Tanger. Génie précoce, il composait des poèmes, publiait des articles. Il s'est perfectionné dans les langues espagnole et française. Au niveau politique, il avait la charge de ministre de la Justice et gouverneur de Tanger en 1957.

Au niveau scientifique, il a assumé le poste de directeur de l'institut Moulay El Hassan pour la recherche, professeur à l'institut supérieur de Tétouan et directeur de l'école islamique libre de Tanger. Il a représenté le Maroc dans de nombreux instituts et collectifs de langue arabe et d'islamologie. Il a participé à la création de l'Alliance des ouléma du Maroc qu'il avait présidée de 1961 à 1987. Enfin, il a publié plusieurs œuvres et livres dont «Le Génie marocain dans la littérature arabe» en trois tomes ; «Célébrités du Maroc en 50 épisodes» et «Discours sur la littérature marocaine moderne». Le 9 juillet 1989, il est mort à Tanger et fut inhumé au cimetière Al Moujahiddine.

Le Matin

Posté par brahima007 à 22:51 - Tanger de la culTure - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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