Même s’il est arrivé en retard, le Rapport de la Cour des comptes 2008 sur la gestion de la Commune urbaine de Tanger ne manque pas d’intéresser. Le rapport jette un puissant coup de projecteur sur diverses irrégularités commises lors des années 2004 à 2007. Ce qui est sûr, c’est que certaines actions laissent perplexe. C’est le cas par exemple des achats de peinture. Contrairement à la procédure qui veut que pour tout achat, un appel d’offres s’impose, la Commune urbaine a délibérément enfreint la règle à deux reprises, en 2004 et 2005. La première concerne un appel d’offres dont l’ouverture des plis a eu lieu six mois après la fourniture du produit en question pour un montant total de 765.240 DH. En 2005, même scénario pour un montant total de près de 700.000 DH. La Commune «s’excuse» en arguant la célébration de diverses festivités et événements nationaux et internationaux à Tanger ,Elle jette la balle dans le camp du ministère de l’Intérieur et la Wilaya en arguant avoir dû intervenir à maintes reprises, «sur demande de l’autorité de tutelle». La Commune de Tanger propose même d’augmenter le plafond de 200.000 DH consacrés à l’achat par bons de commande «afin que les collectivités locales puissent faire face à ce genre de cas exceptionnels», explique cette dernière dans sa réponse rapportée dans le rapport de la Cour des comptes.
D’autre part, le rapport critique la curieuse façon de distribuer des aides aux indigents de la Commune en 2005. Cette dernière a, en effet, attribué lors d’un marché la distribution de l’équivalent de 361.000 DH en bons aux membres du Conseil pour s’approvisionner en denrées auprès d’un fournisseur en vue de les distribuer aux indigents de leurs circonscriptions. Cependant, comme le note le rapport, aucune liste de bénéficiaires n’a été présentée, ce qui rend hasardeux le contrôle de l’opération, pour ne pas dire impossible.
D’autre part, le rapport critique la légèreté avec laquelle la Commune gère le domaine communal. Ainsi, des personnes physiques et morales exploitent des biens communaux sans base légale. C’est le cas de l’association qui gère le club municipal de Tennis, de l’administration de la Protection civile, de la Fédération royale marocaine de golf, etc. Et ce devant l’inaction des responsables communaux.
Le rapport de la Cour appelle, en outre, à mettre fin à ces occupations irrégulières et au respect des règles relatives à la gestion du domaine communal.
Le rapport recommande aussi la clôture immédiate d’un compte bancaire ouvert par le président de la Communauté urbaine. Il était destiné à recevoir les bénéfices des actions d’une société cotée à la bourse de Londres. Ces actions avaient été léguées à la ville de Tanger, entre autres propriétés par le Duc de Tovar (cf. www.leconomiste.com).
Début 2006, ce compte comptait un solde de 1,25 million de DH. Le rapport recommande de solder définitivement ce compte et de transférer les recettes des actions à la trésorerie communale.

Source : L'Économiste