"Tan querida Tánger" le Blog de Brahim MARRAKCHI

Bienvenue!! Ce Blog est dédié à tous les tangérois et à tous les amis de « nuestra querida Tánger » quelques soient leurs nationalités et leurs religions.

13 juillet 2009

Meeting international de Tanger

Meeting_international_de_Tanger_2009Plusieurs athlètes marocains (hommes et dames) ont réalisés des résultats positifs dans divers disciplines du meeting international d’athlétisme qui s’est déroulés a Tanger.

la Marocaine Hayat Lambarki a remporté dimanche le concours du 400m haies du meeting international de Tanger d'athlétisme, en s'imposant dans un temps de 57sec 19/100è. La deuxième place est revenue à la Malaisienne Noraseela Mohd Khalid en 57:96, devant une autre marocaine, Lamiae El Habz, qui a réalisé un temps de 58:74.

De son côté, Yahya Berrabah a remporté l'épreuve du Saut en longueur du meeting avec un saut à 7,88 mètres, devançant ainsi l'Ukrainien Andriy Makarphev (7,79 m) et l'Algérien Lima Issam (7,79 m). Le Marocain Chatbi Jamel a, pour sa part, remporté l'épreuve du 3.000 m steeples en réalisant un temps de 8 min 08 sec 86/100è. Le Kenyan Kiprotich Wesley a été classé en deuxième position avec 8 min 18 sec 08/100è suivi du Marocain Hachlaf Abdelkader (8 min 21 sec 07/100è).

Dans les 1500 mètres, la Marocaine Alaoui Selsouli Mariem a remporté l’épreuve en parcourant la distance en 4 min 07 sec 76/100è. La deuxième place est revenue à l'Ukrainienne Anna Mishchenco avec 4 min 09 sec 36/100è, suivie de la Marocaine Hmatou Laila (4 min 11 sec 31/100è).

L’épreuve du 800 metres a été remportée par Hasna Benhassi qui a réalisé un temps de 2min 01sec 44/100è. La seconde place est revenue à la Marocaine Hachlaf Halima avec un chrono de 2min 01sec 62/100è, suivie de l'Ethiopienne Arigawi Abeba (2min 01sec 98/100è).

La deuxième et la troisième positions des 1500 mètres, ont été remportées, respectivement, par les Marocains Bensghir Yassine (3 min 33 sec 69/100è) et Abdelaati Iguider (3 min 34 sec 11/100è).

Par ailleurs, des athlètes étrangers ont reporté plusieurs épreuves lors de la rencontre internationale d’athlétisme de Tanger durant laquelle, le Kenyan Cheshari Jacob Korir a remporté l'épreuve du 5.000 metres en bouclant la distance en 13 min 13sec 21/100è, devançant son compatriote Biwott Yusuf Kibet, auteur de 13min 13:79, et le Saoudien Hussein Al-Yami (13min 14:36).

Le Marocain Anis Selmouni a terminé 5è avec un chrono de 13min 22:33. Le Cubain Robles Dayron a quant à lui remporté le 110 mètres haies en réalisant un temps de 13sec 28/100è, tandis que la deuxième place est revenue à son compatriote Capetillo Dayron avec 13sec 63/100è, devant l'américain Herring aubrey (13sec 67/100è).

L'Américain Bernard Lagat a remporté dimanche la course du 1.500 m du meeting international de Tanger d'athlétisme, en réalisant un temps de 3 min 32 sec 56/100é.

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4e édition du Salon de l'immobilier et du bâtiment du Nord

La quatrième édition du Salon de l'immobilier et du bâtiment du Nord s'est tenue du 9 au 12 juillet 2009 à l'hôtel Môvenpick de Tanger.

Plusieurs exposants, principalement des promoteurs de projets immobiliers à Tanger, Tétouan, Larache et Asilah, mais aussi à Marrakech et à Saïdia, les institutions bancaires ainsi que les fournisseurs du bâtiment et de la construction étaient attendus à l'hôtel Môvenpick. Organisée par J.A. Events et Ndnord.com, cette édition était importante, vu l'ampleur des investissements nationaux et internationaux dans le secteur de l'immobilier à Tanger et au Nord en général. L'objectif de cette édition est d'accompagner d'une part les nombreux investissements au Nord et d'autre part de contribuer beaucoup plus à la création d'un marché de l'immobilier du particulier avec des références proches du marché et des attentes du consommateur en termes de qualité du bâtiment est en croissance, raison de plus pour l'accompagner dans cette lancée, afin de promouvoir une meilleure diffusion de l'information sur l'offre et la demande régionale dans le secteur.

Immobat 2009 cible les promoteurs immobiliers les professionnels du bâtiment et de la construction, les banques, les fournisseurs. Cette 4ème édition du salon Immobat 2009 était aussi dédiée au secteur du bâtiment et de la construction qui représente un potentiel énorme dans le marché de l'immobilier marocain du Nord. En effet, si les éditions précédentes ont enregistré la présence de plusieurs sociétés de construction marocaines et étrangères à savoir Maghreb Steel, 10 Rajab, Ingelec, Cicolab, Asis Systems, DPX Technologie, Nasser Ascenseur, cette édition avait pour objectif de développer ce pavillon pour qu'il accompagne en mieux le secteur immobilier au Nord et qu'il puisse répondre à toutes ses exigences et ses demandes qui sont de plus nombreuses. Des stands équipés de 9m² et plus étaient mis à la disposition des exposants pour un prix de 19.500 DH H.T. Ce prix comprend :
- Le stand avec 1 bureau et 3 chaises.
- Eclairage.
- Porte–brochures et documents.

Source: Le Matin

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09 juillet 2009

Le groupe Qatari Diar confirme son engagement dans le projet touristique Al-Houara

Les responsables de Qatari Diar ont confirmé mercredi l'engagement à long terme du groupe dans le projet touristique Al Houara à Tanger dont la réalisation se trouve à un stade très avancé. S'exprimant lors d'une visite d'un groupe de journalistes au site du projet, les responsables de Qatari Diar ont affirmé que le développement de la station balnéaire Al-Houara est en pleine expansion et n'est nullement affecté par la crise économique mondiale.

Qatari_DiarLe développement d'Al-Houara est en bonne voie pour devenir la destination privilégiée parmi les projets touristiques au Maroc, ont-ils indiqué. Le projet Al-Houara bénéficie d'une grande importance dans l'agenda des investissements du groupe au Maroc, a souligné le directeur de projets à Qatari Diar, M. Ghanem Ibrahim, rappelant dans ce cadre l'engagement de la société en vertu de l'accord-cadre signé avec le gouvernement marocain portant sur les projets touristiques du holding dans le Royaume.

C'est dans ce sens que Qatari Diar a décidé de relever ses investissements dans le projet Al-Houara passant de 170 millions de dollars à 1,20 milliard de dollars pour la réalisation d'une luxueuse station balnéaire qui s'étend sur 234 hectares de littoral au sud de la ville du Détroit. Pour accompagner l'augmentation du volume des investissements, Qatari Diar a procédé à la restructuration du projet pour répondre aux besoins du marché touristique au Maroc et à la répartition de l'échéance de son exécution en cinq phases, dont la première sera achevée fin 2009.

La première tranche du projet comprend la réalisation d'un hôtel cinq étoiles aux normes internationales, dont la gestion sera confiée à l'opérateur mondial "Kempinski". Cet hôtel de 250 chambres comprendra des services hôteliers très performants en plus de villas de haut standing. Les autres étapes du projet d'Al-Houara concernent la réalisation d'un hôtel 4 étoiles, d'une Kasbah et d'un cours de golf au standard international.

Créée en 2004, Qatari Diar appartient au Fonds d'investissement de l'Etat du Qatar. Le groupe participe à la réalisation d'une quarantaine de projets touristiques et immobiliers dans des pays arabes et européens.

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Tanger : 7e édition du Festival du court métrage méditerranéen

La 7e édition du Festival du court métrage méditerranéen aura lieu du 12 au 17 octobre à Tanger, a annoncé ce jeudi 9 juillet le Centre Cinématographique marocain (CCM).
Ce festival, organisé par le CCM en collaboration avec les chambres professionnelles marocaines du cinéma,  comporte une compétition officielle des courts métrages méditerranéens, fictions produits en 2008-2009, un panorama du court métrage marocain et plusieurs activités parallèles, indique un communiqué du Centre.
Les inscriptions pour les films sont ouvertes en ligne sur le site www.ccm.ma, indique le CCM qui précise que le dernier délai a été fixé au 31 juillet. Rappelons que le Grand Prix de la 6ème édition (23-28 juin) a été remporté par le film portugais «Avant demain» du réalisateur Goncalo Galavo Teles.

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Entretien avec Brahim Marrakchi, l’auteur de « Comment fabrique-t-on un kamikaze ? »

Politique, partis politiques, culture politique… au Maroc
Entretien avec Brahim Marrakchi, l’auteur de
« Comment fabrique-t-on un kamikaze ? »

Le Marocain vit-il un quotidien politique. Suit-il de près ce qui se passe au sein des partis et, bien avant, se sent-il intéressé et concerné par ce que font ces formations politiques ? Connaît-il l’histoire politique de son pays ? Y’a t-il un parti qui s’est proposé de la lui expliquer, de la lui enseigner ? Incite-t-on le citoyen à penser politique, à réagir, à participer ou pense-t-on pour lui et lui demande-t-on  d’hiberner politiquement jusqu’aux prochaines élections ?
Par ailleurs, comment réagissent les exclus, les oubliés, les marginalisés ? Ne les envoie-t-on pas, sciemment ou inconsciemment, vers les extrêmes et le radicalisme ?
Dans l’entretien qu’a bien voulu nous accorder notre concitoyen Brahim Marrakchi, l’auteur de « Comment fabrique-t-on un kamikaze ? », le lecteur trouvera des réponses à plusieurs de ces questions et, par ailleurs, pourra se faire une idée de ce jeune auteur qui, à vrai dire, a eu l’ambition de  traiter un sujet, à double tranchant certes, mais qui reste un sujet actuel et pertinent.
Né à Tanger en 1978, Brahim Marrakchi est doctorant de la FSJEST-Université Abdelmalek Essaâdi et expert en gestion des projets de développement urbain, durable et local. Il est également membre de l’équipe de recherche sur la Gouvernance Territoriale et le Développement Durable (GT2D), et de la Cellule de Veille Stratégique et d’Intelligence Territoriale de l’Agence pour la Promotion et le développement des Provinces et Préfectures du Nord - Maroc. Ses centres d’intérêt en matière de recherche et d'enseignement englobent plus largement tout ce qui concerne « Environnement, villes et dynamique des territoires ».

Entretien

-         Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur un sujet aussi délicat que vaste ?

 

Couverture_KamikazesL’idée d’écrire le livre « comment fabrique-t-on un kamikaze ? » a surgi le lendemain des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. A cette époque-là, j’étais en train de préparer le diplôme du D.E.S.A « Administration et Développement » à la FSJES de Tanger. Au terme de la deuxième année, j’ai décidé de faire ma spécialité en économie spatiale sous la direction du professeur Abderrahman SADDIKI. Alors j’ai choisi comme sujet de recherche les kamikazes ayant relation avec les attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca. La recherche compte trois chapitres : le premier aborde les liens entre le centre et la périphérie ; le deuxième définit la pauvreté urbaine et l’exclusion ; et le troisième chapitre de 23 pages est accordé au sujet des attentats. La conclusion est à la foi frappante et alarmante : les attentats du 16 mai représentent un exemple du rapport conflictuel entre le centre-ville et la périphérie délaissée, et que si, rien n’est fait pour réduire les disparités spatiales et les inégalités socio-économiques entre clases sociales et quartiers résidentiels, le Maroc restera menacé par d’autres attentats. J’ai soutenu le travail en juillet 2005. Deux ans après, Casablanca a vécu malheureusement la mort aveugle en mars et avril 2007. Cet événement tragique m’a poussé à revoir le sujet et de me pencher davantage sur la question. D’autres questions me hantaient. Donc, de 23 pages qui concernent les kamikazes, elles sont devenues 171 pages publiées récemment dans un ouvrage à Paris.

   

-         Analphabétisme, pauvreté, taux de natalité élevé, marginalisation et exclusion… ont de tout temps existé dans l’histoire récente du Maroc, sans pour autant causer ce phénomène de ruée vers l’endoctrinement et le militantisme, islamiques. Pourquoi aujourd’hui ?

 

Par cette question vous me ramenez à l’idiologie, sachant que mon ouvrage aborde principalement les dimensions spatiales du terrorisme. Oui, effectivement, l’analphabétisme, la pauvreté, l’exclusion, etc. ont toujours persisté au Maroc. Parfois, ils ont été sources de violence urbaine et de tensions entre clases sociales. Nous rappelons par exemple les émeutes sanglantes de juin 1981 à Casablanca. C’est un soulèvement spontané de populations qui sont sortis dans les rues pour protester contre la pauvreté, puis endoctriné par la gauche qui était à l’époque au centre de l’opposition. On peut citer également les émeutes de décembre 1990 à Fès, Tanger, Tétouan et Al Hoceima. Non seulement le Maroc a vécu ces circonstances, mais plusieurs pays similaires comme l’Egypte et la Jordanie ont connu à maintes reprises des émeutes dues à l’exclusion et la marginalisation d’une partie croissante de la population urbaine. Même en France, les banlieusards protestent d’une façon récurrente et toujours en violence contre la marginalisation de leurs cités. Mais, pourquoi aujourd’hui au Maroc ?  C’est parce que l’idiologie a changé. Dans les années soixante et soixante-dix, il y’avait des barbus gauchistes qui accaparaient la scène ; depuis la fin des années 1980 ils commencèrent à perdre du terrain face aux islamistes qui demeurèrent un bloc non homogène où le plus dangereux est le courant de la Salafiya Jihadia. Bien entendu, le Salafisme et le Wahabisme c’est la même chose. Pour comprendre l’identité de ce courant, on doit remonter un peu dans l’histoire. Cela date du 18ième siècle lorsque Mohamed Ibn Abdel Wahab s’est allié avec Mohamed Ibn Séoud, fondateur de la dynastie des Saoudiens qui règnent aujourd’hui sur l’Arabie Saoudite. Ibn Abdel Wahab a trouvé dans le désert des pratiques populaires, selon lui, contraires à la foi islamique. Il a fait démolir tous les lieux cultes des Shiites. Il condamna le relâchement des Sunnites et des Shiites qui avaient interprété le Coran d’une façon laxiste.  Donc dès le début le Wahhabisme n’accepte pas que l’autre soit différent, je ne parle pas de l’autre le plus éloigné, mais du plus proche qui partage la même histoire, le même territoire. Il rejette non seulement l’excès dans l’interprétation des textes, mais aussi le sufisme, les arts, les sports, …

 

On a donc un courant intégriste et aberrant, développé dans un contexte déterminé à la Périphérie (le désert). Mais, dans les années 1960, ce courant a tenté de s’imposer progressivement comme la voie juste de l’Islam du Centre, là où il y’a au Moyen Orient Al Azhar Cherif et au Maghreb Kairouan et Karawiyine. Ce passage vers l’international à pour but de freiner la montée en puissance des idées nasséristes dans les pays du Golf Arabe. Cela coïncide également avec la répression excessive et injuste du régime totalitaire de Nasser contre les frères musulmans. Le sentiment d’être exclu du pouvoir, bafoués, torturés… a poussé certains jeunes islamistes à se refugier dans le Wahhabisme et alors à bénéficier de leurs pétrodollars, d’où sont sortis les groupes les plus extrémistes de l’Egypte comme Al Jihad, Al Hijra wa Takfir, etc. En fait, tous les groupes intégristes adoptant la violence trouvent leurs origines dans l’idiologie Wahhabisme. Al Caïda n’est qu’un dernier exemple. Les salafistes marocains vivent, le corps au Maroc, mais le cœur et l’esprit ailleurs. Ils ne partagent que peu de valeurs avec les marocains. Ils jeunent le ramadan avec les Saoudiens ; ils ne fêtent pas les festivités religieuses de la même façon que les marocains ; ils ne célèbrent pas le Mouloud, etc. Même au niveau de l’habillement, ils se diffèrent. Je me rappelle qu’à l’époque des Talibans, les salafistes marocains dans les prières, prient avec le Moula Omar comme "commandeur de croyant" ! La Salafiya Jihadia est très fortement implantée dans les bidonvilles et dans les quartiers marginaux où il existe un taux d’analphabétisme et d’abandon scolaire très élevé. Ces idées d’un extrémisme inhérent, représentent une menace réelle pour toute la société.

-         Pouvez-vous nous expliquer ce passage de la contestation de la gauche vers la droite, si on peut classer l’islamisme dans cette catégorie ?

 

On ne peut pas classer l’islamisme de cette manière. Son contexte est tout à fait différent. Nous sommes tous convaincu que l’islamisme n’est ni la droite ni bien évidemment la gauche. On ne peut pas qualifier tous les islamistes de la même façon ni de les classer dans la même catégorie. C’est un mouvement particulier, mais non homogène. Au Maroc par exemple, il existe plus de quatre-vingt-dix groupes (Jamaâ) islamiques dont chacun désapprouve la pensée de l’autre. Si par exemple on leur demande la signification de « l’Etat islamique », on aura 90 réponses différentes ! Le plus important de ces mouvements par ses effectifs est le groupe Al’Adl wa al Ihssan (Equité et don de soi). Non reconnu par le pouvoir, il demeure une expérience particulière dans tous les mouvements islamiques du monde arabe grâce à sa figure emblématique, le berbère Abdessalam Yassine. Ce mouvement est 100% marocain ; son projet à long terme est essentiellement éducatif à des fins politiques. C’est le soft power des islamistes au Maroc, mais ses vrais grands ennemis au niveau idéologique se sont les salafistes wahabistes. Deuxième force majeure, c’est le groupe Al Islah wa Attawhid (Réforme et unicité) et son bras politique Parti de la Justice et du Développement (PJD). Contrairement au groupe de Yassine, ce mouvement accepte la démocratie dans ses conditions actuelles et participe aux élections. Cette expérience montre d’une part que l’islamisme modéré à une place dans la société et il doit jouer un rôle dans le développement du pays. D’autre part, si on intègre les islamistes dans le système politique, ils perdent leur charme face aux citoyens ; ils deviennent une simple option parmi d’autres. Par exemple, les islamistes du PDJ ont montré qu’eux mêmes peuvent faire des gaffes au niveau de la gestion municipale, qu’ils ne sont pas fortement implantés dans tous le pays car ils n’arrivent pas à couvrir toutes les circonscriptions lors des dernières élections municipales ; et au niveau des résultats, ils n’ont occupé que la 6ème position.

 

Le courant de Salafiya Jihadia est la 4ème ou 5ème force parmi les islamistes ; mais c’est le plus dangereux ; car il compte plusieurs groupes intégristes ayant des relations étroites avec d’autres groupes armés à l’extérieur, et qui n’hésitent pas à se servir de la violence.

-         Cette ruée vers l’islamisme est constatée un peu partout dans les pays arabo Musulmans. D’après vous, est-ce dû à une réaction, quelque peu fougueuse, de récupération d’une identité en voie d’évaporation, ou s’agit-il tout simplement de faire appel à autre chose, de différent, de nouveau, pour combler un vide politique flagrant ?

 

A ces niveaux il faut mettre le point sur les i. Si l’islamisme politique radical a surgi, c’est parce qu’il a trouvé desCouverture conditions socio-économiques et politiques qui le favorisent. Si Nasser avait accompli son accord avec les frères musulmans on aurait pu éviter énormément de problèmes, non seulement pour l’Egypte mais pour tout le monde arabe. Certes, l’idiologie qui le nourrit existe ; mais l’Etat national dans le monde arabe a bloqué la liberté des citoyens de choisir ou de créer des alternatives. L’Etat "arabe" a bloqué toutes les possibilités de changement politique pacifique. On y trouve tous les maux politiques et sociaux : l’école qui exclue, la famille déséquilibrée, le taux élevé de chômage, les inégalités socio-économiques, l’hypocrisie sociale et politique, le manque de transparence, la corruption, la violence pour accéder aux droits humains, des élections corrompues, des "républiques" converties en monarchies, etc. Dans de telles conditions, est-ce qu’un simple citoyen peut choisir librement ?

 

Je suis très impressionné par l’expérience de la Turquie et du Koweït. La Turquie est une puissance économique régionale, socialement stable, ses citoyens disposent d’un niveau d’éducation élevé qui permet une ascension sociale. C’est un pays laïc, bien que dirigé par les islamistes du Parti Justice et Développement (PDJ). Alors a-t-on voté pour lui ? C’est en raison de son discours modéré, de son programme national qui vise l’ouverture et non l’isolement de la Turquie dans le monde. Curieusement, lorsque l’institution militaire a voulu rompre avec cette expérience inédite dans le monde musulman, ce sont les citoyens qui ont défendu le PDJ en votant pour lui, sachant que, parmi eux, il y’avait des laïcs et des chrétiens. Ils ont réélu le PDJ parce qu’il est un parti très moderne qui accepte la démocratie et la voie des élections, qui utilise les dernières technologies et qui est composé essentiellement par des hommes honnêtes ayant les mains propres. Le cas du Koweït est aussi remarquable. Le pays dispose d’un niveau de vie très élevé et assure une bonne éducation publique à tous les citoyens. Le mois de mai dernier a connu des élections législatives qui ont ramené les femmes au Parlement pour la première foi. Les résultats de ces élections sont riches d’enseignements. Pourtant Al Jazeera TV ne leur a pas accordé le même intérêt qu’aux discours de Ben Laden. Les islamistes ont vu leurs places réduites de plus de 50%. Ils ont perdu les élections parce qu’ils n’ont pas su comment suivre l’évolution de la société. D’ailleurs, lorsque les salafistes avaient émis quelques jours avant les élections une fatwa interdisant aux électeurs de voter pour une femme sous prétexte qu’il est contre les préceptes de la sharia, la riposte des citoyens était limpide. Ils n’ont pas voté seulement pour une femme, si non pour quatre !  Parmi ces quatre gagnantes, il y’en a qui ont remporté les élections faces à des islamistes très célèbres. L’exemple de la Turquie et du Koweït où une forte opinion publique existe, montre qu’un citoyen peut faire le bon choix, seulement lorsqu’il dispose de la pleine citoyenneté. Dans les pays arabes une ruée galopante vers l’islamise existe ; cela dénote à notre avis une carence au niveau des alternatives. L’islamise gagne du terrain, parce que les autres partis se sont découpés du peuple. Je parle essentiellement des partis de la gauche qui, historiquement, ont défendu la question sociale dans les années 1960/70 et qui actuellement ont perdu la boussole.

-         Le Maroc est passé, depuis son indépendance, du barbu gauchiste, athée, dérangeant et représentant, d’après les responsables, un danger pour la stabilité politique du pays au barbu islamiste, trop croyant cette fois-ci, qui dérange à son tour et qui, comme le barbu des années 60 et 70, représente, d’après les responsables et un grand nombre de citoyens, une menace pour la démocratie, le modernisme, la tolérance, etc. ? Est-ce que la contestation – disons l’opposition – n’existerait que dans ces deux pôles ?

 

Ce passage montre que notre société n’est pas stagnante ; elle a vécu de pleines mutations. Je crois que l’opposition existe à l’intérieur d’un même pôle. Je répète, l’islamise n’est pas un bloc homogène, vous ne pouvez pas par exemple rapprocher entre le soufisme et le salafisme. C’est tout à fait inconcevable. Mais, ces barbus des années 1960/70 qui croyaient à la révolution plutôt qu’à la démocratie, ont fini en grande partie par accepter les règles du jeu en faisant parti du régime. Je crois que les islamistes finiront aussi, dans leur grande partie,  par accepter notre système politique. D’ailleurs, une partie y participe déjà. Mais dans quelles conditions ? Il s’agit au Maroc d’une démocratie à part entière ; nous ne sommes pas encore une pleine démocratie, mais un pays en voie de démocratisation. Le désarroi de la société marocaine et le blocage du développement sont l’une des menaces qui guettent la démocratisation du pays. La démocratie exige une stabilité sociale, une bonne éduction et une égalité des chances. Dans les pays qui ont rempli ces conditions, les démocraties "gagnent", car elles laissent à toutes les idées la liberté de s’exprimer et de se confronter, tout en minimisant l’extrémisme, à le rendre minoritaire. Parfois, cette équation se déséquilibre, mais très vite la société trouve l’équilibre qu’il faut grâce à une forte opinion publique et à une maturité chez les citoyens ; et ce n’est pas le cas du Maroc. Dans  ce sens, on a beaucoup de travail à faire.

-         Que faire, politiquement parlant, pour mettre en place un « juste milieu » qui permettrait aux jeunes de participer à la prise de décisions et à se sentir des citoyens dont le mot et le vote ont leur pesant de démocratie ?

 

Politiquement parlant, les jeunes marocains suivent l’actualité, ils sont intéressés par la politique, mais désintéressés par les discours des partis politiques. Les Partis n’appliquent même pas la démocratie à leur sein. La classe politique qui dirige les partis date des années 1940/50 et parfois des années 30 ; elle a tué politiquement toute une génération ! Les partis, dans leur majorité, ne reflètent pas les tendances des jeunes. On constate clairement une méfiance entre les citoyens et les élites politiques, et c’est dangereux pour le Maroc s’il veut aller plus loin dans la démocratie. En compensation, SM le Roi n’a cessé d’inciter les Partis à se moderniser. La création du Parti Authenticité et Modernité (Assala wa Mouassara) vient pour pousser ces partis "classiques", balkanisés et éclatés de l’intérieur, à se mobiliser, à bouger. Dans la démocratie, il est indispensable d’assurer la liberté de la presse, et d’aller plus loin dans le respect des droits de l’homme. L’approche politique ne suffit pas, sans doute, pour créer un environnement qui favorise la participation politique des jeunes. Pour promouvoir une participation positive, il est nécessaire de protéger les citoyens contre l’extrémisme et c’est au niveau de l’école où il y’a le grand enjeu. Il faut un retour à l’école unique et sans la séparer de la famille. Il faut assurer une bonne éducation comme dans les années 1960 lorsque le contenu d’éducation était plus élevé qu’aujourd’hui malheureusement. Il faut assurer l’égalité des chances. Les ONG ont un rôle fondamental dans la sensibilisation. Je crois que si nous arriverons  à assurer au citoyen la stabilité spirituelle, sociale et économique, nous aurons alors créé ce « milieu » robuste qui permettrait aux jeunes de s’épanouir et d’exprimer leurs choix politiques sans contraintes.

 

Propos recueillis par Mohammed Mrini

Source: La Chronique, Samedi 20 juin 2009, N°390, p.5

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04 juillet 2009

BOUYGUES : un contrat de 335ME à Tanger

Le groupe de BTP Bouygues a indiqué ce jeudi avoir conclu un contrat de 335 millions d'euros. Ce contrat s'inscrit dans le cadre de la construction d'un deuxième port porte-conteneurs à Tanger au Maroc. Au total, l'opération porte sur un montant de 825 millions d'euros et implique, outre Bouygues, un consortium composé du groupe italien Saipem, de Besix, filiale de l'égyptien Orascom Construction Industries, et de la société marocaine Somagec.

Ce jeudi, le groupe de BTP Bouygues a annoncé, dans un communiqué, avoir signé un contrat de 335 millions d'euros. Ce contrat s'inscrit dans le cadre de la construction d'un deuxième port porte-conteneurs à Tanger au Maroc. Au total, le projet porte sur un montant de 825 millions d'euros et implique, outre Bouygues, un consortium composé du groupe italien de services pétroliers Saipem, de Besix, filiale de l'égyptien Orascom Construction Industries, et de la société marocaine de travaux maritimes et de génie civil Somagec.

Les travaux doivent commencer au premier trimestre 2010, s'étaler sur une durée de quatre ans, et mobiliser '2 000 collaborateurs en période de pointe'. Le consortium devra réaliser une digue principale de 3 800 mètres et une digue secondaire 1 200 m, 2 800 m de quai et une plateforme logistique de 150 hectares.

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Tanger City Center

Le holding espagnol Inveravante, dirigé par Manuel Jove Capellán,  a repris le projet de Tanger City Center pour un investissement total de 2 mds de dirhams (environ 180 M€). Inveravante devientalors l’investisseur principal. Le projet comprendra un centre commercial d’environ 32 000 m², deux hôtels, 800 appartements et quelques 10 000 m² de bureaux.

Cependant, Manuel Jove Capellán n’est autre que le fondateur et ancien président du groupe immobilier espagnol Fadesa à l’origine du projet tangérois. Il faut rapeller qu'en avril 2006 Fadesa et Anjoca (autre promoteur espagnol présidé par Don Angel Jove Capellán, frère du premier) avaient remporté l’appel d’offres du projet . Mais, Manuel Jove Capellán a cédé ses parts dans Fadesa à Fernando Martin fin 2006, deux ans, avant que Martina-Fadesa ne soit déclaré en faillite.

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Carlos Ghosn confirme la construction d'une usine Renault à Tanger

L'usine Renault en construction dans la région de Tanger (nord) produira ses premières voitures en janvier 2012, a affirmé lundi le président de Renault Carlos Ghosn, qui a voulu "démentir les rumeurs" sur une éventuelle remise en cause du projet.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que cette usine, à terme, aura une capacité de production de 400.000 voitures par an et qu'à un moment déterminé Nissan viendra se joindre à Renault", a ajouté M. Ghosn au cours d'un conférence de presse en présence du ministre marocain de l'Industrie et du Commerce Ahmed Chami.

Située à quelques kilomètres au sud du nouveau port de Tanger Med, auquel elle sera reliée par autoroute et voie ferrée, cette usine devait à l'origine être mise en service en 2010, avec une capacité initiale de 200.000 véhicules/an, portée progressivement à 400.000 véhicules/an. Le constructeur japonais Nissan, associé étroitement au groupe Renault avec des participations croisés, envisageait d'y fabriquer des utilitaires légers mais a indiqué au début de l'année qu'il réétudiait sa participation en raison de la crise économique mondiale. Renault avait ensuite reconnu que la sortie des premières voitures pourrait être repoussée de quelques mois.

AFP

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