Les vents de crise qui soufflent sur le principal client de l’industrie textile du Nord, l’Espagne, ne rassurent pas. C’est pour mieux affronter cette tempête que la section Nord de l’Amith a opté pour la révision de son organisation, entérinée lors de la dernière assemblée générale. Tout d’abord, la commission promotion et marketing a été renforcée par de nouveaux membres et confiée au vice-président Thami Ouraho. Elle comprend dorénavant cinq membres épaulés par la structure administrative permanente de l’Amith-Nord. Leur rôle sera de mettre en place un programme de promotion régional plus agressif, explique Kamal Mazari, président de l’Association.
Il s’agira de trouver de nouveaux marchés autres que ceux touchés par l’actuelle déprime qui s’abat sur l’Europe occidentale, ainsi que la montée en puissance de nouveaux concurrents, telle l’Egypte. Les textiliens pensent en particulier à mener des actions de promotion dans d’autres pays, notamment en l’Allemagne. Il s’agit de réduire la trop forte dépendance de l’industrie locale du marché ibérique, en crise profonde.
Pourtant, 2008 avait démarré sur un trend haussier selon l’Amith-Nord. Lors du premier trimestre, malgré une conjoncture défavorable, le chiffre d’affaires du secteur textile avait progressé de 2,1%, l’habillement de 8,8% par rapport à la même période de 2007. Ce n’est qu’en avril que la baisse des commandes a commencé à affecter les chaînes des opérateurs locaux. Avec des chutes vertigineuses des commandes des donneurs d’ordre espagnols qui ont préféré déstocker d’abord.
Une autre commission ad-hoc a été créée dans la foulée. Elle sera présidée par Ahmed Sadiki, ancien président de la CGEM-Nord et de l’Amith-Nord. Il sera en charge de deux projets à long terme qui tiennent à cœur aux membres de l’Amith, Nassijmed ainsi qu’un local dédié.
Nassijmed est le projet d’un parc industriel dédié au secteur adossé au complexe TangerMed. Il devrait permettre aux opérateurs de passer à la vitesse supérieure, selon Mazari.
S’adosser à TangerMed suppose profiter du cadre de zone franche que ses terrains offrent. Cela permettrait de profiter d’avantages douaniers indéniables, d’un accès encore plus rapide aux marchés internationaux, mais surtout d’un gain de productivité qui remettrait la région en compétition face à d’éventuels concurrents.
Selon l’Amith-Nord, le secteur textile reste le principal employeur de la région, surtout à Tanger. Il compte quelque 274 entreprises, soit près de la moitié du secteur industriel de la région.
En outre, ce sont pas moins de 69.000 personnes qui y sont employées dont près de 39.000 de manière permanente. Son chiffre d’affaires à l’export est de 6,5 milliards de DH, même si pour l’année 2008, ce chiffre sera revu à la baisse. Les pluies du mois d’octobre ont largement endommagé l’outil de travail. Mais, fort heureusement, la plupart des entreprises ont déjà redémarré.

Source: L'Economiste