Le secteur public, les collectivités locales et le secteur privé qui devaient en principe coordonner leurs actions en vue d'assurer une planification harmonieuse et fondée de l'espace touristique ont malheureusement joué chacun cavalier seul. Musee_Al_Kasbah_TangerSi l'Etat, par le biais de la SNABT, avait relativement respecté les programmes tracés pour la zone d'intervention de celle-ci (Baie de Tanger) et même si des modifications ont été apportées au programme initial, les collectivités locales, dont les attributions qui leur sont imparties étaient de veiller à l'application des dispositions contenues dans les documents d'urbanisme, ont marqué un certain relâchement et un laxisme et une certaine complaisance qui se sont traduits dans différents espaces notamment touristiques par un environnement devenu insalubre, un système d'assainissement défaillant, un manque d'entretien des équipements publics et surtout par la prolifération de différentes formes de constructions anarchiques ne respectant ni l'ordonnancement architectural ni les dispositions et les servitudes assignées dans les différents documents d’urbanisme.

L’absence d'une planification concertée et coordonnée entre les différents secteurs économiques (industrie, transport routier, ferroviaire et maritime, tourisme...) a fait que leurs besoins se sont retrouvés incompatibles dans des espaces d'interférences très réduits. Ainsi la principale plage de la ville attenante aux meilleurs établissements hôteliers estPICT3811 traversée par la voie ferrée et la route principale qui mène vers le port constituant ainsi un danger permanent pour les touristes et les plagistes. En outre, le trafic routier très important qui dessert le port est l’une des principales et permanentes sources de pollution et de nuisances pour la zone. Tous ces problèmes conjugués aux rejets des eaux usées et industrielles drainées essentiellement par le canal de Moghogha ont entraîné un niveau élevé de pollution des eaux de baignade causant ainsi la fuite des touristes pour d’autres destinations touristiques autres que Tanger.

En cherchant le profit et la rentabilité immédiate, les acteurs privés, à quelques exceptions près, ont préféré investir dans l'immobilier touristique tout en profitant des avantages accordés par ce secteur : assiette foncière équipée et bon marché, avantages financiers, fiscaux et douaniers. Ainsi, des dizaines de complexes de haut et moyen standing sans aucune valeur ajoutée pour le secteur du tourisme ont été réalisés.

Il y a lieu de noter que la ville de Tanger connaît un exode de certains promoteurs touristiques originaires de cette ville et qui ont préféré investir en hôtellerie mais ailleurs, notamment a Agadir, Tétouan... où les conditions essentiellement environnementales demeurent plus propices pour le développement de l'activité touristique.