L’un des principaux ports du Maroc, Tanger est la ville africaine la plus proche du continent européen. Tanger, Tandja ou Tanjah en langue arabe, c’est Tingi carthaginoise et Tingis romaine. Elle fut le chef-lieu de la Maurétanie Tingitane en 42 avant J.C.tanger_21

À cause de sa position stratégique elle a été toujours convoitée. Conquise par les Vandales puis islamisée, elle a été en 1492 une terre d’asile pour les Arabes et les juifs chassés d’Espagne par les Rois catholiques. Elle fut également occupée par les Portugais de 1471 à 1662, puis par les Espagnols et les Anglais qui allaient laisser des traces tangible avant d’être libérée par les marocains. Zone internationale depuis 18 décembre 1923, elle revient autre fois au Maroc le 29 mai 1956.

La première mention historique de cette ville ne remonte qu’au VIème siècle avant J.C, citée par Hécatée de Milet sous le nom de Thinjé, puis dans le périple de l’amiral carthaginois Hannon.

La mythologie locale prétend que le nom de la ville provient du « Tin jâa ». Son histoire est la suivante : après le déluge, l’arche de Noé dérivait en l’attente de retrouver la terre ferme. Un jour, une colombe revint se poser sur le pont de l’arche avec un peu d’argile sur ses pattes. Les occupants de l’arche se sont alors écriés : « Tin jâa » soit la terre est arrivée. ("Tin" en arabe signifie argile ou terre glaise).

Mais, peut-être le nom est d’origine amazigh, puisque Tanja, en langage amazigh désigne un marécage. Ce-ci prouve l’existence d’une implantation humaine dans la région depuis l’ère néolithique.

La mythologie grecque fournie une explication tout à fait légendaire de la ville. Elle prétend que la ville fut fondée comme un temple par le géant Antée, un temple dédié à son père. Antée (fils de Poséidon et de Gaïa) attaquait les voyageurs, il employa les crânes de ses victimes pour faire le toit du temple qui lui donna le nom de sa femme, Tinga.

Tinga est devenu son domaine, un espace qui englobait les fameux jardins des Hespérides, réputés pour leurs fruits d’or. Ces jardins s’étendaient de l’actuelle Ceuta à la Lixus antique (Larache actuellement). Les Hespérides quant à elles étaient les nymphes de l’occident. Elles étaient trois, Aéglé, Erythie et Hespéritousa veillant sur le merveilleux jardin rempli de fruits d’or avec l’aide de Ladon, le dragon à cent têtes qui parlait en utilisant ses diverses langues.

Héraclès (Hercule des romains) avait accompli les Dix Travaux en l’espace de huit ans et un mois. Mais, il devra achever le onzième de ses Travaux qui consistait à rapporter les fruits du pommier d’or.

Héraclès, ignorant dans quelle direction se trouvait le jardin des Hespérides, il traversa plusieurs pays avant d’arriver au jardin des Hespérides. En arrivant, il demanda (suivant le conseille de Prométhée) à Atlas le jardinier, de cueillir les fruits d’or ; mais, il redoutait Ladon. Alors Héraclès lui tua d’une flèche tirée par-dessus le mur du jardin, et Atlas était parti…

Suivant la mythologie, Héraclès ne revint pas par un parcours direct. Il passa par la Libye, dont le roi Antée avait l’habitude de contraindre les étrangers à lutter avec lui.

Au cours de la bataille gigantesque entre Antée et Héraclès, un coup de sabre d’Héraclès ouvrit le détroit de Gibraltar. Une autre vision de la légende prétend que l’ouverture est due à un coup d’épaule. D’après certains, ce combat eut lieu à proximité de la ville connu actuellement sous le nom de Tanger.

Héraclès vaincu, il prit pour femme l’épouse du défunt Antée, qui lui donna un fils, Sophox. Celui-ci fonda une cité qu’il nomma Tingis en hommage à sa mère. La légende attribue également à Héraclès l’aménagement des grottes nommées jusqu’au maintenant « les grottes d’Hercule »…